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 Fred Vargas (et un peu Marc Dugain aussi)

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heloise

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MessageSujet: Fred Vargas (et un peu Marc Dugain aussi)   Sam 21 Juil - 0:18

Salut !

Bon, je sais, je parle beaucoup de mon père... Mais en même temps, c'est ainsi. Il était malade et cela affectait mon moral. Je ne savais quoi lire pour me détendre, et une copine militante (que je ne remercierai jamais assez) m'a conseillé "Pars Vite ambianceEt Reviens Tard". J'ai a-do-ré ce bouquin. L'histoire, les personnages, l'intrigue. Et j'ai ensuite avalé quasiment tout ce qu'elle avait écrit, du moins, en polar. Et oui, car Fred Vargas est à l'origine une historienne archéologue (archéozoologue, pardon, je viens de relire l'article ci-dessous), spécialiste du Moyen-Age (i.e. une médiéviste), elle étudie des ossements, je crois. Son frère est, lui aussi, historien, spécialiste de la guerre de 14-18. Et ces livres présentent le plus souvent des personnages récurrents, dont les trois historiens qui apparaissent dans son troisième roman, "Debout Les Morts". Ces derniers sont succulents, j'adore quand elle en parle, du rapport que chacun tient avec sa période de prédilection, avec celle des deux autres. J'aime énormément aussi son commissaire Adamsberg, pelleteux de nuage, et son acolyte, le très rationnel Danglard. Camille aussi, cette femme musicienne et plombière. Une héroïne à faire pâlir la lez féministe que je suis. Ces livres sont documentés - notamment celui sur la police scientifique du... Québec ! Wink, bien construits, distrayants, prenants. Bref, j'adore Vargas.

Voici un portrait publié dans Libération.

Le samedi 26 juin 2004, Pascale Nivelle a écrit:
Fred Vargas, alias Frédérique Audoin-Rouzeau, 47 ans. Auteure de romans policiers humanistes à gros tirage quand elle n'est pas archéologue. S'est muée en Pasionaria du cas Battisti . Polarisée

Fred Vargas en huit dates

7 juin 1957      Naissance à Paris.
1983                      Docteur en archéozoologie.
1986                      Ecrit son premier roman, les Jeux de l'amour et de la mort.
1996                      Sans feux ni lieux, éd. Viviane Hamy.
2003                      Pars vite et reviens tard, éd. Viviane Hamy.
2004                      La Vérité sur Cesare Battisti.
26 juin 2004   Soirée de soutien à Cesare Battisti au Théâtre de l'OEuvre, à Paris.
30 juin 2004  Décision de la cour d'appel de Paris à propos de Battisti.

Il ne s'est pas trompé, le gros chat éclopé. Il a repéré la silhouette gracile sur un boulevard du XIVe arrondissement, l'a suivie au travers des ruelles et s'est faufilé dans sa maison. C'était il y a trois jours, le voilà endormi entre le piano et la bibliothèque, fondu dans le décor clair-obscur de l'ancien atelier, adopté. «Il a choisi son moment», constate Fred Vargas.

Un moment trouble, d'angoisses et d'insomnies. Rien à voir avec les nuits blanches passées à composer la petite musique de ses polars, rien à voir non plus avec ses immersions solitaires dans les vestiges du Moyen Age. Jusque-là, elle était double et unique. Fred Vargas, romancière idolâtrée, en même temps que Frédérique Audoin-Rouzeau, archéologue au CNRS. La médiéviste publiait des traités érudits et confidentiels sur la peste, Fred rêvait dans ses «rom-pol», des romans policiers humanistes, planants, drôles. Frédérique avait assisté au succès de Fred, les prix littéraires, les 300 000 exemplaires de Pars vite et reviens tard, neuvième rom-pol, où la peste menace Paris. Fred mettait Frédérique en lumière, c'était doux, étrange, plutôt paisible. Son monde était balisé : ses ossements du XIIe siècle, l'inspecteur Adamsberg, son doux héros, double dit-on du père de son grand fils. Et sa soeur jumelle Jo, sa mère, ses amis... Il n'y avait de place pour rien d'autre, pas même un chat sans toit.

Puis l'orage a éclaté. Une tempête dans le petit monde des «polardeux» parisiens, son cercle. Cesare Battisti, l'ex-activiste italien protégé par la doctrine Mitterrand, est rattrapé par les années de plomb, menacé d'extradition. Lorsque l'écrivain est arrêté, le milieu catalyse la résistance : «En deux semaines, nous avons récolté 24 000 signatures, le gouvernement ne s'attendait pas à cette révolte des petits», raconte Fred Vargas qui connaissait à peine Battisti. Et, en douze jours, elle rédige un pamphlet de 230 pages, recueil de textes intitulé sobrement la Vérité sur Cesare Battisti et signé Fred Vargas, sans ambiguïté. «Ça me rend dingue, s'exclame-t-elle, la tignasse en bataille sur son museau de chat. Cette affaire est un déni de droit, un déni de parole et un déni de vérité... Je connais bien le problème : au Moyen Age, on profitait de la peste pour faire passer des abus de pouvoir. Là, on joue sur la peur, on diabolise. Mais je ne laisserai pas  Battisti aller au bûcher.» Ces mots ont traversé les Alpes, allumé en Italie une kabbale contre les intellectuels parisiens, «ignorants et bien-pensants». Beaucoup de journaux français, à genoux devant ses romans, ont renié le combat de la Pasionaria. Des amis, son frère ont désapprouvé. Des lecteurs auraient même boycotté son dernier polar. Fred Vargas, acclimatée à la pénombre de son laboratoire et de sa table de travail, a reçu le coup de projecteur en plein visage, comme une torture.

La politique, jusque-là, c'était une affaire privée. Pas question de «faire la fiérote» avec des faits d'armes ni de donner dans la littérature engagée, même si elle se déclare d'extrême gauche. Dans ses romans, les héros sont minuscules, les décors invariablement délabrés et le bien l'emporte toujours : «Je distille la politique au brumisateur, par des gouttelettes imperceptibles. Ce n'est pas une ambiance de droite, c'est peu de le dire. Mais ce n'est pas un combat frontal, je n'y crois pas dans les livres.» Avec Battisti, la romancière a débordé la prudente historienne, elle est passée de l'indignation à la conviction militante. «J'ai assisté à l'éveil de Fred et de sa conscience, s'amuse le romancier Patrick Mosconi, ami de Battisti. Elle a réagi comme Zola avec l'affaire Dreyfus.» Son éditrice Viviane Hamy, de la petite maison d'édition du même nom, a dû décider de publier en quelques heures, emportée par l'ouragan. «C'est Fred, avec son immense amour de la vie, son humanisme extraordinaire. Les gens qu'elle aime, elle veut les voir comme des êtres purs. En même temps, elle est dans la justification à outrance. Elle a un besoin incroyable de convaincre.» L'éditrice ajoute : «Je l'ai connue toute timide, elle est devenue volubile...» «Ce n'est pas ma nature, reconnaît Fred Vargas, je ne me reconnais pas.» Elle ne relâchera la pression qu'après le 30 juin, jour où Battisti sera fixé sur son sort. «Après, il faut qu'elle disparaisse, on craint pour son matricule, affirme Patrick Mosconi, cette histoire a déclenché beaucoup d'hostilité autour d'elle.» L'écrivain Marc Dugain, ami d'enfance, embarrassé comme d'autres de la voir «utiliser sa notoriété pour une cause comme celle-là», affirme : «Chez elle, c'est du romantisme plus que de la politique.» Elle dit : «Maintenant, je suis lancée. J'aimerais bien, après, voir une campagne sur les conditions de détention.» Elle promet : «Après le onzième rom-pol.»

Marc Dugain voudrait qu'elle ne change jamais, fidèle aux centaines de lettres qu'ils ont échangées à l'adolescence, précieusement gardées : «Elle est étanche au succès, c'est rare.» Fred jouait de l'accordéon, rêvant de «faire danser les gens dans les bals», et s'effrayait de son ombre. Elle parle de son père, surréaliste érudit au métier sans importance, et de sa mère chimiste, comme une petite fille en adoration. Mais c'est surtout Jo qui compte. Sa «jume», comme elle dit, son aînée de dix minutes. «On s'est partagé la tâche, dans la vie. Elle coud, je bricole, elle est bonne en maths et moi en orthographe.» Jo est toute en féminité, Fred a toujours l'air d'un garçon manqué, en baskets et treillis adolescents. C'est Jo qui a trouvé Vargas, nom d'Ava Gardner dans la Comtesse aux pieds nus. L'une est devenue artiste peintre, l'autre a beaucoup écrit avant de devenir écrivaine. Quand Viviane Hamy l'a connue en 1993, Fred n'écrivait plus, n'y croyait plus. «Ses romans avaient fait le tour de Paris et été refusés par tous les éditeurs. Je débutais, elle m'a envoyé le manuscrit de Ceux qui vont mourir te saluent, refusé depuis 87. J'ai adoré.» L'année suivante, elle écrit Debout les morts, où naît son trio d'évangélistes historiens. L'un est médiéviste comme elle, l'autre est contemporanéiste, comme son frère. Le troisième plonge dans les temps profonds des débuts de l'humanité. «J'aime me promener dans le temps, explique Fred Vargas. Je ne donne pas de repères à mes lecteurs. Pas de marques de voiture, pas de musiques connues. J'écris des histoires intemporelles.» Elle saisit l'écume, la roche et le magma, injecte des terreurs médiévales dans des squats parisiens, compose un univers devenu familier au fil des romans. L'histoire vient vite, en quelques jours, puis elle passe des mois à la mettre en musique, obsédée par le rythme. Comme Rousseau, son troisième grand amour après Proust et
Hemingway.

Elle saute du fauteuil de cuir fatigué ou elle s'était pelotonnée, pioche un livre sur un rayonnage encombré et lève l'index comme un métronome. «Ecoute : "Quelque faible influence que puisse avoir ma voix dans les affaires publiques, le droit d'y voter suffit pour m'imposer le devoir de m'en instruire..." C'est l'équivalent sonore de Bach ! Je n'arrive pas à comprendre comment il y est arrivé, ce salaud de Rousseau. C'est à la fois beau et intelligent !» Elle a oublié le chat, Battisti et Dominique Perben. On dirait qu'elle vole.
Source : http://www.liberation.fr/page.php?Article=218682

MDR Ce n'est pas l'article que je voulais mettre au départ Laughing Je ne le retrouve pas d'ailleurs, faudra que j'aille voir dans mes archives.

Je suis d'accord avec toi, baboo, elle est très belle, un charme fou.

L'article parle de Marc Dugain, j'ai appris il n'y a pas longtemps qu'il/elle étaient ami-es. Je ne suis pas si surprise. Pour mémoire, il est l'auteur de "La Chambre Des Officiers", adapté à l'écran avec André Dussolier notamment, sur les gueules cassées de 14-18. Je l'ai découvert par hasard en... repassant ! Ca m'arrive hyper rarement^^. Je dois descendre dans mon garage (là où se trouve ma salle de bain, lol) et pour ne pas m'ennuyer, j'ai allumé la radio (Europe 1, la station de Ruquier dont j'étais extrêmement fan à l'époque). Je suis tombée sur une émission littéraire animée par Frédéric Mitterrand, émission que j'entendais pour la première fois et dont j'ai ensuite été très assidue pendant un an ou deux. C'était Marc Dugain qui était invité. Autant dire que cet événement m'a marquée, car c'est celui-ci qui m'a ensuite très fortement liée à cette émission. Il parlait du livre qu'il venait de faire paraître, "Heureux Comme Dieu En France", sur un type ordinaire, qui ne cherchait pas à se démarquer, et qui bascule dans la Résistance dans la France occupée. Je l'ai lu ensuite, j'ai adoré. J'avais trouvé passionnant de l'écouter parler de cette période pour laquelle j'ai beaucoup d'intérêt, mais aussi de la Grande Guerre dont on parle  véritablement moins et qui n'en a pour autant pas été moins meurtrière. De son grand-père aussi, gueule cassée, de son enfance, de ces réunions annuelles réunissant toutes les gueules cassées regroupées en association que son grand-père présidait. J'ai été émue. Rien d'étonnant, en effet, que ce type-là soit le pote de Fred Vargas.

Ariane-zibous


Dernière édition par heloise le Sam 27 Juil - 0:15, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: Fred Vargas (et un peu Marc Dugain aussi)   Sam 21 Juil - 0:30

j'en toucherai deux mots à Lube, perso je connais pas Marc Dugain.

merci pour l'article. Wink et bonne idée pour la Rubrique, elle mérite bien son sujet lol

Allez c'est décidé, le prochain polar sera un Fred Vargas (après le Indradason que j'ai tenté de commencé en Vacances et dont je n'ai réussir à lire que 10 pages tant j'étais distraite ...)
j'avais aussi commencé un polar celtic... oups Embarassed
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MessageSujet: Re: Fred Vargas (et un peu Marc Dugain aussi)   Sam 21 Juil - 16:21

Salut !

En fait, si, c'était bien cet article !

Mais j'en avais lu un autre, très intéressant, paru dans un journal québécois Wink

Dans l'édition du 23 et 24 novembre 2002 du Devoir, Johanne Jarry a écrit:
Entrevue avec Fred Vargas - Silence, on meurt!

«Il faut des blancs. Si je raconte tout au lecteur, je lui tue l'imaginaire.» -- Fred Vargas

Les fans de Fred Vargas seront ravis : un nouveau livre paraît en librairie ces jours-ci. Une nouveauté ? Pas tout à fait, puisque Coule la Seine regroupe trois textes déjà publiés. Salut et liberté est paru dans Le Monde (1997), La Nuit des brutes, dans Contes noirs de fin de siècle (Fleuve noir, 1999), et Cinq francs pièce, dans Des mots pour la vie -- Le secours populaire français (Pocket, 2000). Par contre, les illustrations de Baudoin (avec qui elle a créé la magnifique bande dessinée Les Quatre Fleuves) qui accompagnent chaque nouvelle ont été créées spécifiquement pour cette édition. Entrevue avec l'auteure, rencontrée récemment à Paris.

La petite histoire

La grande aventure romanesque de cette archéologue, spécialiste des ossements animaux du Moyen Âge, commence en 1986 quand elle présente le manuscrit de son premier roman, Les Jeux de l'amour et de la mort, au Festival de Cognac. On lui décerne le Prix du premier roman policier; son texte est publié aux Éditions du Masque. Le deuxième roman, Ceux qui vont mourir te saluent, prend du temps à trouver preneur parmi les éditeurs. C'est finalement Viviane Hamy qui prend le risque; elle publie tous les livres de Fred Vargas, un beau succès d'édition pour sa maison avec la vente de 220 000 exemplaires de Pars vite et reviens tard, roman qui, au printemps dernier, a raflé le Prix des libraires 2002 et celui des lectrices d'Elle.

Bien qu'ils ne soient pas très «tendance» (pas de sexe, peu de sang), les «rompols» (contraction de Vargas pour «romans policiers») sont traduits dans 15 langues. Contrairement à plusieurs auteurs français de polars, l'auteure enracine les siens en France, plus particulièrement à Paris. Un Paris qu'elle connaît bien parce qu'elle y vit depuis sa naissance, en 1957. Mais aussi parce que Fred Vargas n'est pas très grande voyageuse. «J'aime bien tout inventer, sauf les lieux. Parler d'une ville où d'un pays où on n'a pas mis les pieds, c'est impossible. À vingt ans, je faisais des chantiers de fouilles. J'avais la trouille de partir toute seule. Je ne le crie pas sur tous les toits, je n'en ai pas honte, c'est comme ça. Je n'essaie pas d'écrire sur Paris comme le font certains écrivains; pour moi, ce n'est pas un but, c'est une fatalité.» Mais attention, ce Paris, elle prend bien soin d'en réinventer les lieux, ce qui explique que ses lecteurs cherchent en vain le petit café où se réunit la bande de Joss, le crieur de nouvelles...

Une histoire, ça sonne

Bien avant d'écrire, Fred Vargas rêvait de faire danser les foules au son de son accordéon. Et si, faute de talent, elle s'est tournée vers les mots, c'est parce que ceux-ci pouvaient composer une autre sorte de musique. «Le livre, ce n'est rien d'autre qu'un orchestre avec ses instruments. Il y a un type qui dirige; on voit comment passe le thème, les récurrences. Chaque personnage est une voix, un instrument.» Fred Vargas a appris à diriger son orchestre de mots en assistant avec sa jumelle (avec qui elle partage le nom propre de son pseudonyme) aux répétitions de l'Orchestre de France avec le chef Leonard Bernstein. «Je me demande si ça n'a pas déterminé ma façon d'écrire. Je n'étais pas spécialement douée en musique; j'ai découvert ce que c'était avec lui. Quand il arrivait, il prenait cette matière brute, qu'il travaillait avec les musiciens. Au bout d'un mois, ce n'était plus la même musique. Eh bien, un livre, c'est pareil.»

Cette expérience musicale résonne à nos oreilles lors de la lecture du recueil Coule la Seine, et plus particulièrement lors de la lecture de la nouvelle Salut et liberté, où on danse d'une phrase à l'autre, au rythme d'un énoncé affirmatif qui enchaîne avec son contraire, ce qui donne par exemple : «[...] le commissaire trouvait intéressant de ne rien faire, alors que Danglard trouvait cela mortellement paniquant.»

Cette musique, on pourrait nommer ça le style ? «C'est mon obsession, le style. J'écris les livres vite parce que je le fais pendant les vacances. Mais pendant un an, je corrige; on est en répétition. Des histoires, il y en a des milliers, c'est le son qui fera l'histoire. J'essaie donc de choisir des personnages qui vont rendre des sons bien particuliers pour raconter la vie. Si je prends un violon de série, un piano de série, qu'est-ce qu'ils vont me rendre, comme son ? Je ne vais pas pouvoir faire les nuances... »

Adamsberg, Danglard et les autres

«Je vis d'idées», dit le commissaire Adamsberg dans la nouvelle Cinq francs pièce. Personnage intuitif («Je suis si peu logique», dit-il), toujours en train de prendre la porte du commissariat pour aller marcher, ce personnage sensuel aimé des femmes, léger et grave, est secondé par Danglard, un homme au charme moins évident, responsable de cinq enfants qui tentent tant bien que mal de modérer sa consommation de vin blanc. Dans la nouvelle Salut et liberté, leurs caractères bien opposés ne font pas d'eux des êtres inconciliables, au contraire. Ils forment une paire dépareillée où l'un complète l'autre (un effet de gémellité ?).

On a écrit ici et là qu'il y a peu de femmes dans les romans de Fred Vargas. La principale concernée n'est pas d'accord; ses histoires inventent des femmes singulières. À commencer par Camille, la mystérieuse musicienne-compositrice-bricoleuse qui tente de tenir Adamsberg à distance pour l'avoir aimé de trop près dans un passé pas si lointain. D'un roman à l'autre, ces amoureux pas ordinaires se retrouvent, se reperdent. Dans Pars vite et reviens tard, Camille disparaît de nouveau... Mais Danglard, qui connaît Adamsberg, lui remet l'adresse du lieu où Camille a trouvé refuge. On attend la suite pour savoir ce qu'il adviendra de ce duo-là.

Jamais riches, rarement installés dans une vie tracée d'avance, plusieurs des personnages de Fred Vargas sont épris de connaissance. On n'a qu'à penser aux évangélistes dans Debout les morts; le savoir pointu de ces «théseux» contribue efficacement au dénouement de l'enquête policière. Si, au début des romans de Vargas, chacun tire le diable par la queue seul dans son coin, les événements ne mettent pas longtemps à réunir ces personnages qui finissent par former une communauté solidaire sans que cela n'entache la singularité de chacun. «L'union fait la force. Je suis fanatique des rapports entre les gens. Je les crée. Ils sont comme un sauvetage. Nous, les jumeaux, on ne sait pas ce que c'est, les êtres singuliers. Je ne suis pas quelqu'un d'entier, le cercle n'est pas fermé, il ne peut se compléter que par ma soeur, bien entendu, et par les autres. Donc, mes histoires se dénouent toujours par les solidarités, les affectivités.»

Ses rompols, Fred Vargas veut qu'ils soient réels mais pas réalistes. «Depuis quelques générations, en France, le roman policier est témoin de la réalité. On veut y décrire la vie telle qu'elle est. Moi, je veux la décrire telle qu'on peut la rêver. Je ne pense pas que la littérature soit faite pour reproduire la vie, pas plus que la peinture ou l'art. Si je veux faire acte de témoignage social ou politique, j'écris un article de journal, je vais manifester dans la rue. J'agis dans la vraie vie. Je doute que la littérature soit le lieu du combat politique frontal. Je crois plutôt que c'est un lieu de combat politique subliminal.»

La planque

«En France, ceux qui écrivent des romans policiers ne sont pas vraiment considérés comme des écrivains. Pour le moment, la porte est verrouillée entre les deux littératures. Ce n'est pas un problème pour moi. Personne ne nous regarde, comme ça, on est à l'abri, on peut tout essayer en dehors de "la" littérature française. Je n'ai pas choisi l'écriture comme métier justement pour m'en protéger. J'aime l'archéologie. J'ai besoin de la recherche, j'ai besoin de cette discipline-là. Depuis trois ou quatre ans, je pourrais vivre de ma plume, mais si j'arrêtais l'archéologie, je dirais quoi ? Je suis écrivain ? Rien que l'idée de dire ça, j'ai peur de ne plus m'amuser. Je ne suis pas sûre de moi, je ne l'ai jamais été, je ne le serai jamais. Et si, un jour, je n'avais plus d'idées ?»

Ah, la comparaison avec la musique... Rolling Eyes

Je vous conseille de lire les livres dans l'"ordre", car quelques personnages évoluent, c'est sympa. Mais commencez plutôt par "Debout Les Morts", véritablement sympathique, "Ceux Qui Vont Mourir Te Salue" n'est vraiment pas marquant (je suis heureuse de ne pas avoir commencé par celui-là, je n'aurais sans doute pas continué de la lire), et celui d'avant, je ne m'en souviens pas vraiment (comme quoi, il ne m'a pas marquée). Mais mon préféré reste le premier lu (désolée, Fred...) : "Pars Vite Et Reviens Tard". J'ai hâte qu'un nouvel opus sorte Smile

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heloise

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MessageSujet: Re: Fred Vargas (et un peu Marc Dugain aussi)   Dim 22 Juil - 1:16

Re !

C'est drôle, il y a des jours comme ça... Je vous parlais de Marc Dugain hier, ma grand-mère m'appelle pour me dire qu'elle doit me rendre "Heureux Comme Dieu En France" et je tombe à l'instant sur un article du Monde le concernant. Coïncidences amusantes.

Dans Le Monde du 22 juillet 2007, Marion Van Renterghem a écrit:
"LES VITAMINES DU SOLEIL"
Marc Dugain, feuilletoniste


Il s'est réveillé sur le tard et sur un coup de tête. A 41 ans, Marc Dugain était homme d'affaires, expert de la finance, PDG d'une compagnie d'aviation régionale. Il s'ennuyait. Le blues du businessman, comme dit la chanson. Pour en sortir, il lui fallut l'écriture. Et une urgence : la mort imminente de sa grand-mère, une grande dame de 95 ans, fille d'un tailleur juif de Varsovie et qui avait épousé une "gueule cassée" de la guerre de 1914. Un homme sans visage.

En 1998, le PDG Marc Dugain a donc oublié ses avions, ses bilans, les dossiers en cours sur le paysage aérien. En quinze jours, il rédige une petite merveille : La Chambre des officiers, un court roman de gueule cassée, brodé sur l'histoire du grand-père condamné à supporter au-dessous des yeux la honte d'une masse informe, rafistolée du nez au menton. Jeune soldat, il avait juste eu le temps de ressembler à Paul Newman avant de partir au front et d'en revenir quelques semaines plus tard, la tête trouée par un éclat d'obus.

La grand-mère est épatée par le récit. Découvrant dans cette épopée à huis clos, dans l'enfer d'une chambre du Val-de-Grâce où végètent les estropiés revenus du front, une vérité de son mari qu'elle n'avait jamais su formuler. Elle lit le manuscrit et s'éteint, sans connaître l'extraordinaire succès du livre : des centaines de milliers d'exemplaires (éditions Lattès), dix-huit prix littéraires, une vingtaine de traductions, un film de François Dupeyron présenté à Cannes et primé par deux Césars, l'honneur d'être mis au programme des collèges. C'est fait : Marc Dugain peut quitter pour de bon le monde des affaires. Très vite, toujours.

Neuf ans plus tard, à 50 ans, il a déjà écrit cinq livres. Presque tous ont dépassé la centaine de milliers d'exemplaires. Les best-sellers de Dugain explorent des mondes compliqués avec un art du détail exact et un sens inouï, très simple, de la narration : l'Amérique des Kennedy via l'ex-patron du FBI John Edgar Hoover (La Malédiction d'Edgar, Gallimard), ou la Russie de Poutine, ancrée dans l'URSS de Staline et métaphorisée par le naufrage du sous-marin nucléaire, le Koursk (Une exécution ordinaire, Gallimard).

L'arrivée du héros à gueule cassée dans la chambre sans miroir, la perversion infinie de Hoover, maître chanteur habité par la volonté de toute-puissance, la lente agonie des marins du Koursk, les convocations du camarade Staline... on ne sort pas indemne des romans de Marc Dugain. On étouffe avec les marins, dans l'obscurité glaciale de la mer de Barents.

Avant son premier roman, Marc Dugain n'avait jamais écrit, excepté un bon millier de lettres à son amie d'enfance et quasi-soeur, l'écrivain Fred Vargas. Adolescent angoissé à Grenoble, fils d'un ingénieur et d'une magistrate consulaire, il relisait en boucle les livres d'Alexandre Dumas. Se souvenait des histoires interminables de sa fameuse grand-mère, à l'humour hérité du shtetl polonais.

Depuis, Marc Dugain ne fait plus que cela : écrire des romans et des scénarios, lire à n'en plus finir. Des biographies et des archives pour le contexte, des nouvelles de Raymond Carver pour la perfection des scènes. A l'occasion d'Une exécution ordinaire, il a visité Mourmansk, la morgue de Moscou où furent autopsiés les marins du Koursk, a vécu quatre jours à bord d'un sous-marin nucléaire, au large de Toulon. Il met des mois à se documenter, note tout dans des carnets qui ne le quittent jamais, puis rédige sans s'arrêter, jour et nuit. Ses romans, sous leur forme première, surgissent en quelques mois. En librairie, il est en "Folio" entre Alexandre Dumas et Marguerite Duras. "Si j'avais imaginé ça...", dit-il sans gaîté.

Marc Dugain garde la gravité de ceux que les drames n'ont pas épargnés. Dans la vie qu'il sait courte, il se dépêche. Travaille sans relâche. Vit entre Paris, où il vient à contrecoeur pour ses rendez-vous professionnels, et Casablanca, dont il hait la touffeur bruyante, mais à laquelle l'attache sa compagne marocaine. Ne rêve que de grands espaces vides. Dès qu'il peut, il s'exile en Dordogne, seul sur le dos de ses chevaux. Il part pour la journée, s'arrête au milieu d'un pré, laisse brouter son cheval et pense à son livre en cours. Actuellement, c'est un roman d'anticipation. Mais aussi une adaptation du dernier livre de Fred Vargas, des docufictions sur la période hippie, la préparation d'un film à partir d'Une exécution ordinaire, etc.

Un fil rouge, dans le désordre de cette oeuvre en formation : l'enfermement. Dans la chambre des officiers, dans la cabine sans oxygène du sous-marin, dans les fichiers du FBI, Marc Dugain décortique la généalogie du pouvoir. Le double langage. Les secrets dissimulés sous l'histoire officielle. L'absurdité, comme une continuité désolante de l'espèce humaine.
Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3260,36-938009@51-922947,0.html


C'est un patron, lol Savais pas^^ J'avais vu qu'il avait écrit un livre sur Edgar J. Hoover, et ça m'intéressait, mais je n'étais pas dans un trip lecture. Il faudrait que je réenvisage de le lire Smile

Ariane-bonne-nuit-les-petites- Smile
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MessageSujet: Re: Fred Vargas (et un peu Marc Dugain aussi)   Sam 16 Fév - 12:57

Ariane, toi qui a lu Fred Vargas as-tu regardé sur France 2 le film "Sous les vents de Neptune" adaptation d'un de ses romans. L'atmosphère y est-elle bien rendue ? Avec Josée Dayan comme réalisatrice je me suis dit que ça valait la peine de regarder et effectivement c'était bien prenant. La suite vendredri prochain.

Kikou
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MessageSujet: Re: Fred Vargas (et un peu Marc Dugain aussi)   Lun 3 Mar - 19:19

Juste pour dire que ma mère m'a filé le virus de Fred Vargas et franchement j'adoooore ! Je ne pourrai pas m'en passer aujourd'hui ^^

j'ai énormément aimé Debout les morts Smile
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heloise

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MessageSujet: Re: Fred Vargas (et un peu Marc Dugain aussi)   Lun 3 Mar - 19:47

Salut !

Oups, désolée, avais pas vu ta question, kikou Embarassed

Alors, le téléfilm de Josée Dayan est enregistré, mais je ne l'ai pas encore vu. J'ai vu Josée Dayan elle-même, ainsi qu'Anglade et Vargas à la télé, j'avoue que ça m'a fortement donné envie de le voir, alors que je n'ai pas du tout voulu visionner "Pars Vite Et Reviens Tard", le film de Régis Wargnier. D'abord, parce que c'est le premier roman de Fred Vargas que j'ai lu, mais également mon préféré, que je ne voulais pas déformer ma perception de ses personnages récurrents (dont les historiens de "Debout Les Morts" Wink - excellent roman au passage, je l'ai également adoré) et qu'accessoirement, il ne me semblait pas que Wargnier soit un réalisateur si fantastique que ça. Je n'ai vu que deux de ses films, mais "Indochine" m'a peu marquée, et si j'ai trouvé "Est Ouest" intéressant, il est loin d'être un de mes films préférés. Si le film avait été adapté par Jacques Audiard (réalisateur de "Regarde Les Hommes Tomber", "Un Héros Très Discret", "Sur Mes Lèvres", "De Battre Mon Coeur S'Est Arrêté", que des chef d'oeuvres, quoi), je me serai précipitée au cinoche. Mais bon, Régis Wargnier, bof. En revanche, l'adaptation de Dayan me dit carrément ! Je reviendrai donc quand je l'aurais vue Wink

Ariane-zibous

PS : d'après ma mère (mais elle n'a pas lu le livre), c'était bien, notamment la deuxième partie, bien supérieure à la première selon elle (avis partagé par Télérama, il me semble).
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MessageSujet: Re: Fred Vargas (et un peu Marc Dugain aussi)   Mar 4 Mar - 6:45

j'ai vu la 2eme parti du téléfilm et pas la 1ere.
Et 'parait que l'adaptation, n'était pas à la hauteur du livre.

j'en ai encore jamais lu des Fred vargas, seulement entendu parler. Faudrait que je m'y mette.
Lequel me conseillez vous pour commencer ?


j'espère qu'elle sera au quai du polar de Lyon !!
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heloise

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MessageSujet: Re: Fred Vargas (et un peu Marc Dugain aussi)   Mar 4 Mar - 8:09

Salut !

De toutes façons, les adaptations sont rarement à la hauteur, hein, et c'est assez logique.

Sinon, commence par "Debout Les Morts", c'est quasi son premier roman, et c'est en tout cas celui dans lequel apparaissent quelques-uns de ces personnages récurrents (les historiens), je les aodre^^

Ariane-zibous
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MessageSujet: Re: Fred Vargas (et un peu Marc Dugain aussi)   Jeu 6 Mar - 19:34

Bonjour Ariane

C'est sûr que l'adaptation cinéma est souvent décevante par rapport au livre. J'ai détesté le film l'amant fait d'après le livre de Duras quelle platitude par rapport au livre. Mais comme j'ai pas lu Vargas Very Happy. Du coup je m'en suis acheté un. Par contre je n'ai pas pu voir la deuxième partie du téléfilm. C'est ça de ne pas être au top de la technologie pas d'enregistreur.

Kikou
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MessageSujet: Re: Fred Vargas (et un peu Marc Dugain aussi)   Mar 25 Mar - 1:31

Salut !

Bon, j'ai lu le livre à sa sortie, il y a quelques années donc, je ne me rappelle pas tout. Mais sérieusement, j'ai adoré l'adaptation de Josée Dayan ! Very Happy Vraiment adoré. L'ambiance, les personnages, la musique, tout !

Ariane-voilà- Smile-c'est-trop-bien,-Vargas-adaptée-par-Carrière-et-Dayan- drunken
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MessageSujet: Re: Fred Vargas (et un peu Marc Dugain aussi)   Dim 13 Juil - 22:01

Merci Ariane pour le tuyau sur Vargas

J'ai lu cet été :
Sans feu ni lieu
Ceux qui vont mourir te saluent

Je les ai dévoré.

Kikou
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MessageSujet: Re: Fred Vargas (et un peu Marc Dugain aussi)   Ven 27 Fév - 22:45

bon, finalement, j'ai lu Ceux qui vont mourir te saluent


Citation :
A priori, tous les dessins de Michel-Ange ont été répertoriés. Et lorsque l'un d'eux fait une apparition discrète sur le marché, il y a tout lieu de supposer qu'il a été volé. Le plus incroyable, c'est que celui qui est proposé à Henri Valhubert, célèbre expert parisien, provient probablement du Vatican ! Qui se risquerait à subtiliser les trésors des, archives papales ? L'affaire se complique lorsque Valhubert est assassiné, un soir de fête, devant le palais Farnèse. Instantanément, les soupçons se portent sur le fils de la victime. Ce dernier fait partie d'un curieux triumvirat d'étudiants, aux surnoms d'empereurs : Claude, Néron et Tibère. En résidence à Rome depuis plusieurs années, tous trois entretiennent des liens singuliers avec la veuve de Valhubert. Une femme au charme envoûtant...
Mes impression : Pour mon premier F Vargas, j'ai bien aimé. Ca se lit très facilement, j'ai apprécié les touches d'humour, le caractère de l'inspecteur, le déroulement, la façon dont on démêle toutes ces intrigues. Je me suis fait balader par l'auteur, et ça, ça me botte !
Je vais lire celui que tu me recommandais Héloïse Wink


Dernière édition par baboo le Ven 27 Fév - 23:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Fred Vargas (et un peu Marc Dugain aussi)   Ven 27 Fév - 23:34

Salut !

C'est cool que tu aies aimé, baboo, car celui n'est franchement pas le meilleur... voire l'un des deux moins bons de Vargas que j'ai lus ! Ainsi, tu ne devrais qu'aimer d'autant plus les suivants. Wink

Ariane-bonne-lecture-!- Very Happy
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MessageSujet: Re: Fred Vargas (et un peu Marc Dugain aussi)   Mer 17 Aoû - 15:39

Salut !

Alors, cet été, j'ai lu un livre de Marc Dugain, mais aussi le dernier Vargas !

Dugain, d'abord.

La Malédiction D'Edgar



Marc Dugain a écrit un roman autour des mémoires de l'amant d'Edgar J. Hoover, patron du FBI pendant plus de 50 ans (et son amant était le numéro 2, véridique !). Ce type était une pourriture, mais il tenait "par les couilles" (littéralement) la soi-disant plus grande démocratie du monde. Aucun président n'a pu le virer, il avait des fichiers sur tout le monde. Ce livre se lit extrêmement bien, et si vous vous intéressez un peu à l'histoire américaine de ces années-là (Roosevelt, les Kennedy, Nixon, Johnson), eh bien, vous allez vous régaler. Marc Dugain confirme tout le bien que je pensais déjà de lui. En plus, à ce moment-là, j'écoutais beaucoup Biolay, et notamment son premier album "Rose Kennedy". J'étais donc bien dans le trip !


Concernant Vargas, évidemment, je me suis jetée sur son dernier opus paru en mai :

L'Armée Furieuse



Présentation de l'éditeur

Cette nuit-là, dit-elle lentement, Lina a vu passer l'Armée furieuse. Et Herbier y était. Et il criait. Et trois autres aussi. C'est une association ? L'Armée furieuse, répéta-t-elle tout bas. La Grande Chasse. Vous ne connaissez pas ? Non, dit Adamsberg en soutenant son regard stupéfait. Mais vous ne connaissez même pas son nom ? La Mesnie Hellequin ? chuchota-t-elle. Je suis désolé, dit Adamsberg. Veyrenc, l'Armée furieuse, vous connaissez cette bande ? Un air de surprise intense passa sur le visage du lieutenant Veyrenc. Votre fille l'a vraiment vue ? Avec le disparu ? Où cela ? Là où elle passe chez nous. Sur le chemin de Bonneval. Elle a toujours passé là. Veyrenc retint discrètement le commissaire. Jean-Baptiste, vraiment, tu n'as jamais entendu parler de ça ? Adamsberg secoua la tête. Eh bien, questionne Danglard, insista-t-il. Pourquoi ? Parce que, pour ce que j'en sais, c'est l'annonce d'une secousse. Peut-être d'une sacrée secousse. Nul doute que la fratrie "maudite" du village normand rejoindra la galaxie des personnages mémorables de Fred Vargas. Quant à Momo-mèche-courte, il est le fil conducteur de la double enquête que mène ici le commissaire Adamsberg, confronté à l'immémorial Seigneur Hellequin, chef de L'Armée furieuse.



Ah, décidément, elle est trop bien. J'ai adoré. On y retrouve tout son univers. Une vieille légende médiévale, son héros emblématique, Adamsberg, ses personnages un peu ouf', un peu rêveur, toute sa poésie dans les mots, les ambiances.


Dans Télérama, le 14 mai 2011, Michel Abescat a écrit:
On entre dans ce roman comme le Petit Poucet dans la forêt. En suivant des miettes de pain qui courent de la cuisine à la chambre, où repose une ex-­accro du ménage que son mari a fini par étouffer après cinquante ans de mariage. Outre que ce meurtre à la mie de pain se ­révèle typiquement vargassien - une histoire cruelle piquée de fantaisie -, il introduit parfaitement à l'univers du conte dont l'auteur se réclame avec constance. La magie opère ainsi immédiatement, que l'on ait lu ou pas ses dix précédents romans, que l'on soit ou non amateur du genre policier. Car les livres de Fred Vargas ont le pouvoir d'attraction des « histoires » que l'on se raconte de toute éternité, celles dont le mystère résiste, à mi-chemin entre légende et réalité, suffisamment intrigantes et extra­ordinaires pour qu'on les écoute bouche bée, suffisamment proches du quotidien et des angoisses de tout un chacun - celle de la mort en particulier -pour qu'on y croie dur comme fer.

Le mystère, cette fois-ci, va s'incarner en la personne d'une petite dame embarrassée, vêtue d'une blouse à fleurs assez inusitée dans le quartier de la brigade criminelle de Paris où officie Adamsberg. A peine sorti de son enquête aux miettes de pain - les miettes, c'est tout lui qui ne se plaît jamais autant que dans les détails saugrenus, les interstices et les à-côtés où se logent souvent les « perles les plus rares » -, le commissaire fétiche de l'auteur voit donc arriver Valentine Vendermot. Elle vient d'Ordebec, près de Lisieux, pour l'appeler à l'aide. La nuit, sur le chemin de Bonneval, dans la forêt d'Alance, sa fille Lina a vu passer l'« Armée furieuse », une cavalcade de revenants, à moitié putréfiée, hurlante et féroce, dont le mythe tenace remonte au XIe siècle. Personne n'y croit, évidemment, mais on y croit quand même. D'autant plus que Lina a vu quelques vivants au milieu de la horde, que ceux-ci sont réputés mourir dans les trois semaines, si l'on en croit la légende, et que le premier d'entre eux, justement, a disparu depuis plusieurs jours... Que croyez-vous qu'il fasse, Adamsberg ? Foncer évidemment, ­direction la Normandie, abandonnant à Paris une histoire d'industriel richissime brûlé dans sa voiture.

Car entre « l'aigre réalisme » des affaires politico-financières, « secrets sans surprise, lassants de pragmatisme », et la musique « inintelligible et ­dissonante » de la cavalcade de ­chevaux noirs à travers les bois ­millénaires, le héros comme l'auteur n'hésitent pas. C'est l'inconscient collectif, l'éternel de la vie et des rapports humains qui intéressent Fred Vargas. Et la dissonance, effectivement, le pas de côté, le regard en biais. Foin du réalisme et de la critique sociale généralement attachés au genre policier. ­Vargas laisse aller sa fantaisie, son goût des digressions et des ­dialogues qui ne font pas « avancer l'action », son sens du détail inutile. Elle imagine une brigade criminelle où se croisent une boulimique, un hyper­somniaque, un zoologue passionné d'ichtyologie, un puits de science et d'érudition porté sur le vin blanc. Le chat, mascotte de l'équipe, dort sur la photocopieuse pendant qu'on se défonce pour découvrir la brute qui a entravé les pattes d'un pigeon, le condamnant à une mort atroce.

Et qui dit que tout cela ne ­révèle pas aussi l'état d'une ­société, et une vision du monde où l'homme et ses blessures tiennent la place centrale ? C'est une poétique du roman policier qu'elle propose ainsi, une façon d'appréhender le monde, d'en faire surgir la beauté malgré tout. Pour le lecteur, c'est un plaisir sans fin.


Ariane
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MessageSujet: Re: Fred Vargas (et un peu Marc Dugain aussi)   Dim 23 Sep - 21:29

Salut !

J'ai récemment terminé le dernier roman de Marc Dugain, Avenue Des Géants.



Al Kenner serait un adolescent ordinaire s'il ne mesurait pas près de 2,20 mètres et si son QI n'était pas supérieur à celui d'Einstein. Sa vie bascule par hasard le jour de l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Plus jamais il ne sera le même. Désormais, il entre en lutte contre ses mauvaises pensées. Observateur intransigeant d'une époque qui lui échappe, il mène seul un combat désespéré contre le mal qui l'habite. Inspiré d'un personnage réel, Avenue des Géants, récit du cheminement intérieur d'un tueur hors du commun, est aussi un hymne à la route, aux grands espaces, aux mouvements hippies, dans cette société américaine des années 60 en plein bouleversement, où le pacifisme s'illusionne dans les décombres de la guerre du Vietnam.


Comme pour les deux autres livres que j'ai lus de lui, j'ai avalé celui-ci. C'est vraiment très bien écrit, ça se lit simplement et le sujet est vraiment intéressant. Inspiré de la vie du serial killer Ed Temper, Dugain se place du point de vue du tueur, tentant d'analyser le pourquoi du comment. Je pensais qu'il y aurait plus de scènes "glauques" et au final, il y en a très peu, et c'est vraiment bien, car du coup, l'intérêt du livre est ailleurs, dans la psychologie, les méandres de la personnalité de cet individu, ses relations avec sa famille, et pas dans le sensationnel. C'est vraiment appréciable, car même si j'adore les polars, là, il s'agit d'autre chose. J'ai vraiment beaucoup aimé, je suis en train de devenir une vraie fan de ce romancier.

Ariane
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